Mercedes explique qu’une erreur commise lors du dernier arrêt au stand de George Russell a entraîné un mauvais réglage de l’aileron avant et une perte de rythme
Le Grand Prix de Barcelone-Catalogne 2026 s’est terminé par une deuxième place pour George Russell, mais il reste encore des questions sans réponse dans le camp Mercedes. Certes, le Britannique a décroché la pole position samedi et est monté sur le podium dimanche, mais le déroulement de la course a révélé, à partir de la mi-course, des problèmes croissants d’équilibre et d’usure des pneus.
C’est surtout lors du dernier relais que Russell a nettement perdu en rythme par rapport à Lewis Hamilton, qui a remporté la course pour Ferrari. Mercedes a désormais confirmé qu’une erreur lors du dernier arrêt au stand avait joué un rôle décisif.
Dès la deuxième partie de la course, Russell s’était plaint d’un sous-virage croissant. Cette évolution a entraîné une sollicitation accrue des pneus et a rendu la voiture de plus en plus difficile à contrôler au fur et à mesure que la course avançait.
Ces problèmes d’équilibre ont également ouvert la voie à plusieurs rebondissements dans le peloton : Lewis Hamilton a pu rattraper du temps grâce à sa stratégie à trois arrêts, tandis qu’Andrea Kimi Antonelli, au volant de sa Mercedes, se rapprochait inexorablement et est même apparu, à un moment donné, comme une véritable menace pour la place sur le podium. La stratégie de Mercedes prévoyait de corriger de manière ciblée l’équilibre lors du dernier arrêt au stand.
L’ajustement prévu de l’aileron avant tourne mal
Lors du dernier arrêt, l’équipe devait ajuster l’aileron avant à l’aide du dispositif de réglage prévu à cet effet. L’objectif était de réduire le sous-virage constaté précédemment, d’améliorer l’équilibre aérodynamique et de stabiliser l’usure des pneus. Mais c’est précisément à ce moment-là qu’un problème technique est survenu.
Comme Mercedes l’a expliqué par la suite, l’outil de réglage nécessaire n’a pas fonctionné comme prévu. « Lors de notre dernier arrêt au stand, nous avons mal réglé l’aileron avant en raison d’un problème avec l’outil de réglage », explique Bradley Lord, directeur adjoint de l’écurie Mercedes.
« Cela signifie qu’il roulait avec un équilibre présentant un survirage très prononcé, ce qui a clairement affecté son rythme dans la phase finale. »
Du sous-virage au survirage : un renversement complet de l’équilibre
Les conséquences de cette erreur ont été graves : au lieu d’un réglage plus neutre comme prévu, Russell s’est soudain retrouvé au volant d’une voiture nettement en survirage. Cela s’est traduit par un arrière instable, moins de confiance dans les virages rapides et une usure nettement accrue des pneus sur l’essieu arrière – précisément là où la sollicitation est de toute façon particulièrement élevée à Barcelone.
Point particulièrement critique : le passage du sous-virage au survirage ne s’est pas fait progressivement, mais de manière quasi abrupte après le dernier arrêt. Pour un pilote, cela implique de devoir complètement réadapter son style de pilotage en plein milieu de la dernière partie de la course – dans des conditions où les pneus sont déjà fortement sollicités.
Un coup d’œil aux données confirme les répercussions de cette erreur. Au cours du dernier relais, Russell a perdu en moyenne une seconde par tour sur Lewis Hamilton. Cette perte de temps n’a toutefois pas été immédiatement perceptible dans les premiers tours, mais s’est surtout accentuée vers la fin du relais, lorsque les pneus de l’essieu arrière se sont de plus en plus dégradés en raison d’un équilibre en survirage. Mercedes souligne toutefois que tout ne peut pas être attribué à cette erreur.
Même sans erreur, la victoire n’est pas garantie
Même dans les premiers tours du dernier relais, alors que les pneus étaient encore neufs, Russell n’arrivait pas tout à fait à suivre le rythme de Hamilton. Certes, le trafic et la recherche d’un nouvel équilibre ont joué un rôle, mais l’écart était déjà visible à ce moment-là. Cela suggère que Ferrari disposait globalement du package le plus performant ce week-end, indépendamment des problèmes rencontrés par Mercedes.
La victoire de Hamilton ne s’explique donc pas uniquement par la stratégie ou par des erreurs du camp Mercedes, mais aussi par son rythme pur. Barcelone est traditionnellement considéré comme un circuit très exigeant pour les pneus, en particulier sur l’essieu arrière. Dès vendredi, Pirelli avait réagi à la hausse des températures et aux valeurs d’usure critiques en ajustant la pression des pneus afin d’améliorer la surface de contact.
Dans cet environnement déjà sensible, un équilibre aérodynamique mal réglé peut avoir des conséquences particulièrement importantes. Une voiture présentant un survirage ou un sous-virage trop important entraîne inévitablement un patinage accru – et donc une usure plus rapide des pneus.






