vendredi, juin 12, 2026
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« On a manqué d’audace » : pourquoi le nouveau pneu DTM divise les légendes

Les légendes du DTM sont divisées : Manuel Reuter aurait souhaité plus d’audace dans la conception du nouveau pneu spécial DTM, tandis que Bernd Schneider met en garde contre les dangers

Le DTM a-t-il fait preuve de trop de conservatisme avec le nouveau pneu spécial, conçu cette année par Pirelli exclusivement pour la série traditionnelle ? « J’aurais souhaité un pneu présentant une dégradation beaucoup plus importante – c’est-à-dire une différence bien plus marquée entre le pneu neuf et le pneu usé »,  « Cela aurait été bénéfique pour la série. »

Mais qu’en aurait attendu le champion ITC de 1996 ? « Les dépassements restent extrêmement difficiles, car toutes les voitures sont à un niveau similaire », constate-t-il malgré ce changement. « Mais si j’ai un pneu qui, selon le circuit et le type de voiture, s’use beaucoup plus, j’ai des écarts de temps de peut-être 1,5 à deux secondes. Et là, bien sûr, je peux dépasser. »

À cela s’ajoute le fait que les voitures GT3 sont équipées d’ABS et d’un contrôle de traction, ce qui complique les dépassements. À cet égard, le pneu aurait pu apporter une aide supplémentaire. « Si l’un des pneus est usé et que l’autre est neuf, et qu’il y a un écart de deux secondes, alors j’ai de la course de haut vol », affirme Reuter avec conviction.

Usure « très modérée » même lors du test de résistance à Zandvoort

Le circuit des dunes de Zandvoort était considéré comme un véritable test de résistance pour les nouveaux pneus Pirelli, qui ont certes le même mélange, mais une construction différente de celle des pneus DHG de Pirelli utilisés jusqu’à présent, et qui montent un peu plus vite en température.

Alors qu’il n’y a pratiquement pas eu de changements de position samedi, les pneus n’ont joué un rôle dimanche que dans la phase finale, lorsque des pilotes comme Thierry Vermeulen, qui n’avaient plus qu’un seul train de pneus usés à leur disposition, ont perdu du terrain par rapport à la tête de course et ont été dépassés par des pilotes équipés de pneus neufs.

« Pour moi, tout cela est très clair », déclare Reuter après le week-end à Zandvoort. « Ce n’est pas comme si nous roulions désormais 2,5 secondes plus lentement avec des pneus usés. » Les responsables ont-ils donc manqué de courage ? « Je pense qu’au final, on a été un peu trop frileux pour s’imposer face aux divergences d’opinions des nombreux constructeurs et équipes », estime Reuter.

Bernd Schneider : « Cela rendra la BoP encore plus difficile »

Cela pourrait aussi être lié à la naissance difficile du nouveau pneu DTM : En effet, lors des premiers essais de développement, qui se sont déroulés en concertation avec les constructeurs pendant la trêve hivernale, Pirelli a présenté des pneus qui, selon les véhicules, faisaient perdre plusieurs secondes par tour. Après plusieurs phases de développement, ce n’est qu’un mois avant le début de la saison qu’un pneu a été retenu, qui ne diffère que très légèrement du pneu utilisé jusqu’à présent.

« Tout le monde souhaitait qu’un changement plus important ait lieu », reconnaît également « M. DTM », Bernd Schneider, qui était présent en tant que représentant d’AMG lors des essais de développement à Vallelunga en mars. « On voyait déjà là-bas qu’il n’était pas facile de fournir un pneu qui fonctionne sur toutes les voitures. Et il serait regrettable de proposer un pneu qui favoriserait une marque et en désavantagerait une autre de manière extrême. »

C’est pourquoi, selon le quintuple champion du DTM, « c’était un défi de taille pour Pirelli de changer quelque chose », d’autant plus que le pneu actuel était satisfaisant. « Si l’on ajoute maintenant un pneu qu’on ne peut pas évaluer, cela rendra la BoP encore plus difficile. C’est pourquoi je pense qu’il était bon que le changement ne soit pas aussi radical qu’on aurait pu le souhaiter. »

Reuter : l’ADAC aurait dû mettre les équipes devant le fait accompli

Reuter voit les choses différemment. « Au final, il aurait fallu dire aux équipes : voilà ce que vous avez, vous devez vous en accommoder – et ensuite, chacun trouvera une solution », explique Reuter. « En fonction du concept et du circuit, certains auront plus ou moins d’usure ou de graining que d’autres. Et cela s’équilibrera au cours de la saison en fonction du circuit ou de la température. »

Selon Reuter, la résistance observée tient surtout au fait que les équipes, par intérêt personnel, ont tenté de « faire pencher la balance en leur faveur ». C’est pourquoi il demande que l’on pense davantage dans l’intérêt de la série. « Nous devrions nous poser la question suivante : qu’est-ce qui est génial pour la série ? Nous faisons cela pour les spectateurs, pas pour nous – et nous sommes tous dans le même bateau. Plus le spectacle est bon, mieux c’est pour tout le monde. »

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