Le passage éclair de Nicolas Jackson au FC Bayern a duré neuf mois. Même si l’attaquant international sénégalais ne semblait pas vraiment s’intégrer dans le style de jeu de Kompany, il a rempli sa mission.
Alors que Leon Goretzka et Raphael Guerreiro, eux aussi sur le départ, ont pu faire leurs adieux sportifs définitifs au FC Bayern en disputant de brèves apparitions sur le terrain, Nicolas Jackson est resté sur le banc pendant toute la victoire 3-0 en finale de la Coupe d’Allemagne contre le VfB Stuttgart. À l’instar de Min-Jae Kim et Sapoko Ndiaye, le joueur de 24 ans n’a pas été aligné.
Ce fut la fin anonyme d’un joueur qui était arrivé à Munich trois quarts d’année plus tôt en grande pompe. Après le départ de Kingsley Coman, le Bayern avait un besoin urgent d’un attaquant. Les négociations allaient bon train entre le FC Chelsea, le club d’origine de Jackson, et le Bayern. Le transfert semblait avoir échoué, mais il a finalement abouti le dernier jour du mercato estival, pour un montant de 16,5 millions d’euros de frais de prêt.
Un prix élevé pour une seule saison, sans compter qu’il faut encore ajouter le salaire. D’un autre côté, il faut reconnaître que Jackson a globalement rempli son rôle, qui n’a jamais été facile. Évincer Harry Kane de son poste d’avant-centre ? Impossible ! Se rabattre sur l’aile à la place de Luis Diaz ? Pas idéal, car ce n’est pas la meilleure position de Jackson. Il ne lui restait que le rôle de joker, qu’il a généralement assumé avec brio.
Début en froid, Coupe d’Afrique des nations, expulsion et, au final, peu de confiance
Pour être honnête, Jackson a dû prendre un départ à froid, puisqu’il n’est arrivé qu’une fois la saison déjà entamée. Au final, il a disputé 34 matches officiels, mais n’a joué au moins 25 minutes que 16 fois. Le bilan de Jackson est correct : onze buts et cinq passes décisives, ce qui est tout à fait honorable compte tenu de son temps de jeu limité. Il a marqué huit fois en Bundesliga et trois fois en Ligue des champions.
Il aurait peut-être pu totaliser davantage de matches et de buts, mais l’attaquant a manqué la trêve hivernale en raison de sa participation à la Coupe d’Afrique des nations. Il a triomphé avec le Sénégal, avant que le titre ne soit annulé par la suite. Et un carton rouge lors du match nul 1-1 à Leverkusen a coûté à Jackson deux matches supplémentaires, le temps de sa suspension pour ses fautes trop agressives.
Alors que tout se jouait en Ligue des champions, l’entraîneur Vincent Kompany n’a pas fait confiance à Jackson. Contre le Real Madrid, il ne l’a pas fait entrer à deux reprises ; à Paris, il est entré à la 90e minute alors que son équipe était menée 4-5, et lors du match retour à la 79e minute, et ce, malgré le besoin de marquer deux buts, seulement après Kim et Alphonso Davies. Le fait que l’attaquant possède certes des qualités, mais différentes de celles requises par le style de jeu de Kompany, a peut-être contribué à cette situation. Jackson est plutôt un attaquant de contre-attaque et non de combinaison, ses capacités techniques sont limitées.
Il est apparu assez rapidement que les Munichois n’exerceraient pas l’option d’achat convenue de 65 millions d’euros. C’est tout simplement trop d’argent pour un joueur qui n’a aucune chance d’être titulaire. Jackson retourne donc pour l’instant au FC Chelsea après sa participation à la Coupe du monde. Va-t-il y rester ou être revendu ? Ce n’est pas l’affaire du champion en titre. Jackson, quant à lui, a emporté un verre de bière blanche surdimensionné de l’Allianz Arena après la dernière journée de championnat, en souvenir de son passage à Munich.






