Une créance de 1,83 milliard d’euros : l’UEFA accentue la pression sur la FIFA

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La lutte de pouvoir entre la FIFA et l’UEFA entre dans une nouvelle phase. La fédération continentale européenne, de concert avec la CONCACAF, réclame désormais à la fédération mondiale une somme se chiffrant en milliards.

Depuis des mois, la lutte de pouvoir entre la FIFA et l’UEFA couve, cette dernière étant sur le pied de guerre depuis l’annonce des projets d’investissement du président de la FIFA, Gianni Infantino. Aujourd’hui, la pression exercée par l’Union européenne de football (UEFA) et la confédération CONCACAF, son alliée, s’intensifie encore.

Les Européens ainsi que la confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes exigent de la FIFA, à titre d’ultimatum, le versement d’une somme de plusieurs milliards aux 211 pays membres. Selon cette exigence, chaque fédération membre de la FIFA devrait recevoir, après le succès de la Coupe du monde, dix millions de dollars (8,72 millions d’euros) supplémentaires provenant des réserves de la fédération, qui ont fortement augmenté.

Cette « distribution exceptionnelle » serait à la portée de la FIFA, comme l’ont indiqué le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, et le président de la CONCACAF, Victor Montagliani, dans une lettre adressée au président de la FIFA, Infantino. Le magazine « kicker » a également eu accès à cette lettre.

Il y est indiqué qu’il a été constaté que la FIFA est en passe de disposer, après la Coupe du monde, de réserves s’élevant à six milliards de dollars américains (5,23 milliards d’euros). Une somme qui dépasse largement les besoins « pour permettre à la FIFA de traverser les années déficitaires qui suivent une Coupe du monde ».

On en déduit que la FIFA peut se permettre de verser au moins 10 millions de dollars américains (8,72 millions d’euros) à chacune de ses 211 fédérations ; le montant total s’élèverait donc à 2,1 milliards de dollars américains (1,83 milliard d’euros).

La FIFA resterait financièrement stable

« Même après une telle distribution, les réserves de la FIFA ne descendraient à aucun moment du prochain cycle en dessous d’environ 1,5 milliard de dollars américains – soit environ 50 % de plus que les réserves minimales que la FIFA elle-même a estimées pour la période 2023-2026. »

Récemment, Infantino avait échoué dans son projet de vendre des parts dans les tournois de la fédération mondiale à des investisseurs privés, notamment issus de l’entourage du président américain Donald Trump. Dans ce contexte, le Suisse avait également promis davantage d’argent aux fédérations. Mais cela est également possible sans investisseurs privés, comme le soulignent désormais l’UEFA et la CONCACAF.

Si l’on a certes insisté sur la nécessité pour « la FIFA de rester naturellement solide financièrement » afin qu’elle puisse « honorer ses engagements existants » et qu’elle doive donc « disposer d’une réserve financière adéquate », « tout cela est pleinement pris en compte dans notre analyse ». À l’heure actuelle, la FIFA dispose toutefois de réserves cumulées se chiffrant en milliards. Ces fonds appartiennent au football et sont au service du sport ainsi que de ses 211 fédérations membres. La prudence ne devrait pas empêcher d’examiner attentivement si une partie de ces fonds pourrait être débloquée de manière responsable, dans la mesure où ces réserves dépassent les besoins prévisibles de la FIFA. »

Et cela ne nécessite pas non plus de fonds provenant d’investisseurs privés. « La FIFA dispose pourtant déjà de la possibilité de mettre à la disposition de ses fédérations membres des moyens nettement plus importants à partir de son propre bilan – sans avoir à vendre de parts de ses compétitions et sans exiger de contrepartie de la part des fédérations membres. »

Y aura-t-il un adversaire ?

Cette nouvelle revendication vise certainement aussi à accroître la pression sur Infantino. Ce dernier souhaite se faire réélire le 18 mars prochain à Rabat, au Maroc, lors du Congrès de la FIFA, mais l’UEFA, en particulier, réclame son retrait – et prépare même une plainte pénale contre lui en Suisse. Agé de 56 ans, il n’envisage toutefois pas de démissionner, ce qui pourrait déboucher sur un scrutin serré en mars.

Si Infantino se présente, l’UEFA présentera très certainement un candidat concurrent. On ignore encore de qui il s’agira, mais certains indices laissent penser que le Canadien Montagliani pourrait se lancer dans la course. La date limite pour la désignation d’un candidat est fixée au 18 novembre.

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