Honda bénéficie d’un soutien supplémentaire pour le développement de son groupe motopropulseur : la Fédération internationale de l’automobile procède à des ajustements du système ADUO
C’est une nouvelle qui devrait apporter un peu de soulagement à Aston Martin et à son partenaire moteur Honda : La Fédération internationale de l’automobile (FIA) a apporté des modifications importantes au système dit ADUO (pour « Additional Design and Upgrade Opportunities »).
Cet instrument vise à empêcher qu’un constructeur ne reste dans l’échec pendant des années, en lui accordant dès la saison en cours une marge de manœuvre supplémentaire en matière de développement ainsi que des dérogations au plafond budgétaire.
Un mécanisme clair s’applique ici : plus l’écart d’un constructeur est important, ou plus précisément plus la puissance du moteur à combustion interne (ICE) est inférieure à une valeur de référence fixée, plus les concessions accordées sont importantes.
Cependant, l’écart de Honda est actuellement si important que la FIA a décidé d’élargir l’échelle et d’ajouter un niveau supplémentaire dans le règlement. Une nouvelle catégorie a été ajoutée au règlement pour les constructeurs dont la puissance ICE est inférieure de plus de dix pour cent, alors que la limite était jusqu’à présent de huit pour cent.
Les constructeurs concernés, notamment Honda, se voient ainsi accorder jusqu’à onze millions de dollars supplémentaires ainsi que jusqu’à 230 heures supplémentaires sur le banc d’essai. De plus, une allocation supplémentaire de huit millions de dollars est prévue exclusivement pour cette année.
Aston Martin souhaite repenser l’intégration du moteur Honda
Le règlement technique définit toutefois précisément quels composants peuvent être modifiés via le mécanisme ADUO en dehors des délais d’homologation habituels. Et le système ne fonctionne pas tout seul : le rattrapage doit se faire par ses propres moyens, ce qui pourrait encore prendre un certain temps dans le cas de Honda.
D’autant plus que le moteur n’est actuellement pas le seul point faible chez Aston Martin : à Miami, la boîte de vitesses a également posé des problèmes. De plus, il semble s’être avéré que l’intégration de l’unité motrice dans le châssis de l’AMR26 présente encore un potentiel d’optimisation.
« La collaboration que nous avons eue ces dernières semaines et le temps dont nous disposions nous ont peut-être aussi permis de mener l’une ou l’autre étude conceptuelle ou vérification », révèle Mike Krack, ingénieur en chef de course.
« Et tout cela sera pris en compte dans le développement de la voiture au cours des prochaines années », souligne le Luxembourgeois, indiquant que l’intégration du groupe motopropulseur Honda sera repensée pour l’avenir. « Je trouve que c’était plutôt bien, et nous avons beaucoup appris à cet égard. »
La première période ADUO commence après le Canada
À l’origine, l’attribution des ADUO devait se faire sur la base des performances à trois moments précis de la saison, à savoir après les courses 6, 12 et 18. En raison de l’annulation des courses à Bahreïn et en Arabie saoudite, la FIA a adapté ce calendrier : la première évaluation aura lieu après la cinquième manche de la saison, c’est-à-dire le Grand Prix du Canada.
Les autres dates butoirs se situent après la onzième course en Hongrie ainsi qu’après le 18e Grand Prix au Mexique. La FIA souhaite toutefois rester flexible : « Ces périodes ADUO peuvent être ajustées par la FIA en cas de modifications substantielles du calendrier des courses », précise-t-elle.
« Le seuil proposé de 2 % ainsi que la définition ultérieure de l’indice de performance ICE seront réexaminés et, le cas échéant, ajustés une fois que les activités en cours entre les constructeurs de groupes motopropulseurs et les écuries de Formule 1 visant à mesurer la performance ICE en piste auront été menées à bien. »






