Marc Marquez commence la saison MotoGP 2026 avec un handicap : son épaule droite l’oblige à adopter un autre style de pilotage et à revenir à l’aérodynamique de 2024.
Au début de la saison MotoGP 2026, Marc Marquez est moins dans le rôle du favori que dans celui de celui dont on s’inquiète pour la condition physique. Le tenant du titre parle ouvertement des conséquences persistantes de sa blessure à l’épaule et explique pourquoi il doit conduire sa Ducati différemment par rapport à 2025.
Marquez a profité des cinq jours d’essais hivernaux pour évaluer à la fois son épaule droite et le nouveau package de Ducati. Techniquement, des progrès ont été réalisés. Lors du dernier jour d’essais notamment, il a « fait de bons pas dans la direction que je souhaite ». Il se sent « de mieux en mieux » sur la moto.
L’épaule comme facteur limitant
Mais physiquement, la situation est plus complexe. Le long processus de rééducation rend difficile une conduite constante. La blessure affecte sa précision, tant dans ses commentaires aux ingénieurs que sur la piste.
Il est « un peu plus difficile d’être précis dans ses commentaires et de toujours rouler de la même manière », résume le pilote officiel Ducati.
La blessure à l’épaule contractée en Indonésie semblait au départ bénigne. « Au début, cela semblait être une blessure simple, mais ce n’était pas le cas », précise-t-il. Comme c’est à nouveau l’épaule droite qui est touchée, tout prend plus de temps.
Il ne sait pas lui-même exactement où il en est actuellement. C’est pourquoi, pour l’instant, son objectif principal est de rester dans la course et d’évaluer de manière réaliste sa position dans le cadre d’un véritable week-end de course. « J’ai le sentiment qu’il y a encore matière à amélioration », déclare Marquez à propos de sa condition physique.
Les essais ont été particulièrement éprouvants
Fait intéressant : il a trouvé les essais particulièrement difficiles dans ces circonstances. Quand on ne se sent pas en pleine forme, ils sont « la chose la plus difficile qui soit ». Les arrêts et redémarrages permanents, les heures de concentration, les nouvelles courses à répétition : « Il faut rester connecté pendant six heures d’affilée. »
Un week-end de course est, d’une certaine manière, plus clairement structuré et donc plus facile à gérer. C’est aussi pour cette raison que l’Espagnol s’attend à un début de saison solide. Il espère « bien démarrer ici », mais il est également conscient de la force de ses concurrents.
« Bien sûr, le niveau augmente chaque année. Ducati ayant déjà été très performante ces dernières années, il est peut-être plus difficile de s’améliorer, mais nous essayons de faire la différence avec de petits détails », prévoit Marquez.
Pourquoi Marquez opte pour l’aérodynamique 2024
En matière d’aérodynamique, Marquez a délibérément choisi de commencer la saison avec le pack 2024, notamment en raison de son épaule. En principe, il faut trouver « le meilleur pack pour le moment présent et son propre style de conduite ».
Ce retour en arrière n’est pas un recul technique, mais une adaptation à sa réalité physique. Le pack 2025 était plus lourd et plus exigeant physiquement.
« Je ne peux pas piloter la moto de la même manière que l’année dernière », admet Marquez à ce sujet. « Je n’ai plus la force de l’année dernière. J’ai donc besoin d’une moto qui se manœuvre un peu mieux, qui reste mieux dans la trajectoire et que je n’ai pas besoin de pousser autant que l’année dernière. »
C’est précisément pour cette raison que l’on a opté pour la variante aérodynamique, qui est moins exigeante physiquement. Les deux ensembles ont certes bien fonctionné lors des essais, « mais de manière différente ». Actuellement, il ne s’agit pas de rouler avec le pack le plus agressif ou le plus moderne, mais avec celui qui correspond à son état.
L’objectif : défendre son titre malgré son handicap
Le fait qu’il doive également adapter son style de conduite n’est pas une nouveauté pour le champion du monde MotoGP en titre, et cela fait partie de son identité.
« Je vais essayer une nouvelle fois dans ma carrière d’adapter mon style de pilotage à cette nouvelle situation », annonce-t-il. Ce n’est que lorsqu’il se sentira à nouveau prêt physiquement qu’il pourra peut-être se rapprocher de ce qu’il a montré en 2025, lorsque l’Espagnol a remporté 25 victoires et 31 podiums.
Marquez ne pense pas pour l’instant à battre ces records. Mais ses ambitions restent élevées. « Quand on porte un maillot Ducati rouge, l’objectif est toujours de se battre pour le championnat du monde », affirme-t-il sans ambiguïté.






