Site icon Sports of the Day

Pourquoi 2026 n’est qu’une étape intermédiaire pour le MotoGP

Ducati domine, les moteurs sont gelés et le grand changement de règlement jette déjà son ombre – Ce que cela signifie pour la saison MotoGP 2026

Alors que Ducati continue de définir le statu quo en MotoGP, le prochain grand bouleversement approche avec les nouvelles réglementations techniques qui entreront en vigueur à partir de 2027. Pour la plupart des constructeurs, la saison 2026 sera donc une année de transition.

Les quatre titres consécutifs remportés par la marque italienne depuis 2022 sont la preuve la plus évidente de sa supériorité dans le cadre du règlement actuel.

Cependant, cet équilibre des forces changera radicalement l’année suivante, avec l’introduction des motos 850 cm3 et des nouvelles règles aérodynamiques. Un changement qui ouvrira la voie aux autres constructeurs, dans l’espoir de pouvoir à nouveau se battre pour les premières places. En termes de performances et de résultats, Aprilia est actuellement le constructeur le plus proche de Ducati, même si les chiffres bruts continuent de montrer que le constructeur de Noale ne représente pas encore une véritable menace pour le leader du secteur.

KTM semble avoir surmonté, du moins temporairement, les turbulences économiques qui avaient secoué l’entreprise et son département compétition. Honda espère consolider les progrès réalisés en 2025, tandis que Yamaha mise sur le fait que ses investissements colossaux porteront enfin leurs fruits.

« Gel des moteurs » et fenêtre de mise à niveau réduite

Dans ce contexte, et sur la base de considérations logiques et des déclarations de plusieurs parties prenantes, tout porte à croire que 2026 sera une année de transition.

Tout d’abord, les moteurs seront gelés dès le début de la saison 2025, ce qui supprimera toute marge de manœuvre en matière de développement pour l’un des composants les plus complexes des motos. De plus, le calendrier des mises à jour des prototypes s’écartera considérablement du schéma habituel en raison du changement de réglementation imminent.

Les nouvelles réglementations qui entreront en vigueur à partir de 2027 impliquent que la plupart des améliorations seront déjà introduites au cours de la première moitié de la saison. « Avant la pause estivale prévue en juillet, je me concentrerai déjà exclusivement sur la moto de 2027 », explique Aleix Espargaro, pilote d’essai chez Honda.

Dans le même temps, les spécifications des pneus resteront largement inchangées, Michelin quittant le MotoGP à la fin de 2026 et Pirelli prenant le relais en 2027. Le plan du fabricant français pour sa dernière année en MotoGP prévoit, entre autres, de réduire de trois à deux les spécifications disponibles pour les pneus avant. L’introduction d’un nouveau mélange de pneus avant a de nouveau été suspendue.

Le marché des pilotes devrait démarrer tôt en 2026

Le marché ouvert des pilotes joue également un rôle. En effet, de nombreux contrats expirent à la fin de la saison, et certaines équipes se battent pour conserver leurs pilotes ou en recruter de nouveaux. Yamaha, KTM et Honda sont particulièrement sous pression.

Yamaha aimerait convaincre Fabio Quartararo de prolonger son contrat. Cependant, « El Diablo » semble, du moins à en juger par ses déclarations ces derniers mois, perdre de plus en plus patience et continue d’attendre une amélioration des performances de la M1 qui serait suffisamment convaincante pour l’inciter à ne pas changer d’équipe.

KTM se trouve dans une situation similaire avec Pedro Acosta. Le pilote originaire de Murcie avait déjà envisagé la possibilité d’un départ anticipé à la fin de 2025, un an avant l’expiration de son contrat, mais les responsables de Mattighofen (Autriche) n’étaient pas prêts à négocier une indemnité de transfert.

Acosta a Ducati et Honda en ligne de mire, et KTM sait que les chances déjà minces de prolonger son contrat dépendent de sa capacité à lui fournir une véritable « moto fusée » lors de la pré-saison, ce qui le fait réfléchir.

En ce qui concerne Honda, le constructeur tokyoïte est, sur le papier, celui qui s’est le plus amélioré par rapport à 2024, avec 25 % de points de plus que l’année dernière. Mais ce n’est qu’au cours des prochains mois que l’on verra si Honda est réellement sorti de son sommeil.

La plupart des constructeurs se concentrent déjà sur 2027

Même si aucun des acteurs concernés n’admettra ouvertement accorder plus d’attention au projet 2027 qu’au championnat 2026, la réalité le suggère clairement.

« Personne ne doit s’attendre à ce que la situation soit très différente cette année, car tout restera plus ou moins comme avant »,

Yamaha partage cette opinion. Dans la perspective de 2025, le constructeur d’Iwata a restructuré son organisation et récupéré son équipe satellite, dans l’espoir que cet investissement se traduise par des performances sur la piste. De plus, Yamaha a déjà réparti ses ressources la saison dernière et a utilisé la M1 avec le moteur en ligne, tout en développant parallèlement le V4.

Les performances d’Aprilia ne devraient pas non plus différer beaucoup de celles de l’année dernière. La grande inconnue concerne toutefois Jorge Martin et la manière dont il abordera la deuxième année de son contrat après ses nombreuses blessures.

La RS-GP peut certainement continuer à s’améliorer, mais les statistiques montrent qu’elle est encore loin de la Desmosedici sur une saison complète.

Toutefois, cela devrait s’avérer d’autant plus difficile en 2026. En effet, même dans des circonstances normales, Aprilia doit déjà déployer des efforts considérables pour obtenir des fonds supplémentaires de Piaggio. À l’approche du changement de réglementation, qui nécessite des investissements plus importants que d’habitude, cette situation devrait encore s’aggraver.

Quitter la version mobile