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MotoGP plutôt que Superbike : ce qui continue de poser problème à Toprak Razgatlioglu

Toprak Razgatlioglu fait des progrès visibles en MotoGP, mais un problème continue de le hanter : quand son style de pilotage issu du Superbike le rattrape-t-il encore ?

Les progrès sont visibles, mais les points à améliorer le sont tout autant. Après un Grand Prix difficile à Barcelone et une séance d’essais raccourcie lundi en raison des conditions météorologiques, Toprak Razgatlioglu tire néanmoins un bilan positif. C’est surtout avec le pneu medium que Yamaha a fait un net bond en avant.

« Aujourd’hui, je suis heureux car nous nous sommes nettement améliorés, en particulier avec le pneu medium », explique le Turc. C’est surtout en virage que la Pramac-Yamaha a gagné du terrain. « Et l’accélération est plus facile, car je peux ouvrir les gaz plus tôt. »

La régularité a également rendu Razgatlioglu optimiste. Sans sillage, il a, selon ses propres dires, réalisé à plusieurs reprises des temps dans les 1 min 40 s lors de l’essai. « Je roule régulièrement en 40:0, 40:1, 40:0 avec le pneu moyen et sans suivre personne. » Avec un pilote devant lui, des temps dans les 39 secondes auraient même été possibles.

De retour au style Superbike avec les pneus tendres

Mais c’est précisément là que réside toujours son plus gros problème : le pneu tendre. Car bien que le Michelin plus tendre offre nominalement plus d’adhérence, Razgatlioglu n’a jusqu’à présent pas réussi à en tirer un avantage décisif sur un tour rapide.

« Quand j’ai monté le pneu tendre, j’ai réalisé le même temps au tour », a-t-il déclaré, déçu. La raison en tient moins à la moto qu’à son propre style de pilotage.

Le triple champion du monde Superbike analyse ses difficultés avec une franchise remarquable. En comparant ses données avec celles de Fabio Quartararo, il a compris où se situait la différence : Quartararo aborde les virages à une vitesse nettement plus élevée avec le pneu tendre. « J’essaie aussi, mais pour l’instant, c’est très difficile », admet-il.

Particulièrement intéressant : le Turc sent lui-même à quel point ses habitudes acquises au fil des années en Superbike l’influencent encore. Dès que le pneu tendre est monté, son approche sur la moto change automatiquement. « Mon état d’esprit change immédiatement. Je roule alors à nouveau un peu à la manière d’un pilote de Superbike », explique-t-il.

Au lieu de prendre les virages à grande vitesse, le pilote de 29 ans se concentre instinctivement sur l’adhérence en sortie de virage et sur une forte accélération. Or, c’est précisément ce qui ne fonctionne que de manière limitée avec les pneus Michelin en MotoGP.

« Avec ces pneus Michelin, il faut garder une vitesse plus élevée en virage et ouvrir la poignée des gaz plus doucement », explique Razgatlioglu. Son style naturel est tout le contraire : redresser la moto, accélérer tôt et à fond. C’est pourquoi il travaille d’arrache-pied pour adapter sa pilotage, en particulier pour les tours de qualification.

Quartararo, une référence importante pour Yamaha

Le week-end de Barcelone lui a également montré à quel point ce point est décisif : « Quand tu pars en tête, tu restes généralement dans le groupe de tête. Quand tu pars plus loin derrière, c’est très difficile de remonter. » C’est précisément pour cette raison qu’il accorde une grande importance à la gestion du pneu tendre.

Cela mis à part, Razgatlioglu constate déjà des progrès évidents. C’est surtout le niveau par rapport aux autres pilotes Yamaha qui rend le Turc optimiste. « Nous sommes désormais très proches des autres Yamaha », déclare-t-il avec satisfaction.

Quartararo sert notamment de référence à cet égard. Le Français ne se contente pas de montrer sa force sur un ou deux tours rapides, mais maintient également un rythme élevé et constant en course – surtout parce qu’il part régulièrement depuis les premières lignes.

Gino Borsoi, le directeur de l’équipe Pramac, reconnaît lui aussi clairement les progrès de Razgatlioglu. L’Italien souligne toutefois à quel point chaque minute d’essai est importante pour le rookie du MotoGP.

Les interruptions à Barcelone ont fait perdre un temps précieux. « On ne peut pas acheter du temps sur la piste », explique Borsoi. « Perdre une demi-journée d’essais n’est pas une bonne nouvelle pour Toprak. » Car pour lui en particulier, l’expérience de pilotage est actuellement décisive pour continuer à adapter son style de conduite.

Yamaha tente de le soutenir au mieux dans cette démarche et de lui faire comprendre les changements nécessaires. Borsoi fait d’ailleurs l’éloge de son pilote : « C’est un gars très ouvert, avec un esprit ouvert. Il essaie vraiment de changer. »

Les données montreraient déjà que Razgatlioglu roule désormais de manière similaire à Quartararo sur certains tronçons du circuit. Dans d’autres domaines, en revanche, il reste encore des progrès à faire. Borsoi est particulièrement soulagé que l’ancien pilote de Superbike ait désormais pleinement accepté la situation.

« Il y a deux courses, il a compris qu’il devait s’inspirer des autres pilotes, en particulier de Fabio Quartararo », explique-t-il. Depuis, Razgatlioglu se concentre nettement davantage sur la mise en œuvre systématique des conseils des ingénieurs.

Le fait que le changement soit énorme ne surprend guère dans le paddock MotoGP. Après des années passées en championnat du monde Superbike, l’adaptation aux pneus Michelin, aux freins en carbone et aux exigences de pilotage d’une moto de prototype est considérée comme l’une des plus grandes différences lors du passage dans la catégorie reine.

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