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Le Maroc fait partie de l’élite mondiale élargie… mais n’est pourtant pas assez bon

C’est sur une défaite 0-2 face à la France que le Maroc fait ses adieux à cette Coupe du monde. La meilleure équipe d’Afrique a confirmé sa performance d’il y a quatre ans. Mais il lui manque encore quelque chose pour frapper très fort. Pour l’instant. Et dans quatre ans, la Coupe du monde se déroulera chez eux.

Les Français étaient-ils trop forts, trop dominants ? Ou le Maroc n’était-il tout simplement pas dans un bon jour ? La vérité se situe probablement entre les deux. Le fait est que les Nord-Africains ont certes bien défendu, en formant un bloc compact pendant toute une mi-temps, mais qu’ils ont finalement perdu 0-2, une défaite aussi méritée qu’inévitable, sans jamais vraiment donner l’impression, au cours des 101 minutes de jeu, de vouloir apporter une contribution créative à ce quart de finale.

Les Marocains n’ont pas su compenser l’absence de leur meilleur attaquant, Ismael Saibari, que la Bundesliga se réjouit d’accueillir sous le maillot du Bayern. Brahim Diaz est resté aussi discret en attaque que Bilal El Khannous, de Stuttgart. La jeune star Ayyoub Bouaddi s’est permis une perte de balle coûteuse en première mi-temps et a rarement maîtrisé le jeu au centre. Et même un arrière latéral de classe mondiale comme Achraf Hakimi n’a pas pu changer le cours du match. En bref : le Maroc a atteint ses limites.

Après cette première déception, le Maroc peut se montrer satisfait de ce tournoi. Quatre ans après sa quatrième place au Qatar, qui correspond à la meilleure performance jamais réalisée par une équipe africaine en Coupe du monde, le pays a prouvé qu’il ne s’agissait ni d’un feu de paille, ni d’un coup de chance. Le Maroc a rejoint l’élite mondiale élargie, devenant ainsi, avec l’Argentine, le seul pays non européen à se hisser parmi les huit meilleurs.

Un exploit grâce à l’avantage du terrain ?

Lors de la phase de groupes, l’équipe dirigée par le sélectionneur national Mohamed Quahbi a arraché un match nul mérité (1-1) face au Brésil, détenteur du record de titres de champion du monde, et s’est imposée face à l’Écosse et à Haïti. Certes, l’élimination aurait pu survenir dès les seizièmes de finale face aux Néerlandais, mais l’équipe a fait preuve de résilience, a égalisé dans le temps additionnel et s’est imposée aux tirs au but. Lors de la victoire suivante contre le Canada, les Marocains ont soudainement donné l’impression d’être des favoris aguerris ; le score de 3-0 reflétait mieux la performance que le résultat.

Dans quatre ans, la prochaine étape pourrait suivre. Elle devra consister à s’imposer, voire à gagner, face aux trois ou quatre meilleures nations de la planète. Les conditions pour y parvenir ne sont pas mauvaises. En tant que co-organisateur avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc devrait peut-être profiter longtemps de l’avantage du terrain, du moins au début du tournoi, et devra veiller à ce que cela lui donne des ailes plutôt que de le freiner.

Plus important encore : cette équipe a de l’avenir. Peut-être même avec Bono dans les buts, même s’il aura alors déjà 39 ans ; contre la France, il a une nouvelle fois confirmé sa réputation de « tueur de penalties » en arrêtant un tir de Kylian Mbappé. Le reste de l’équipe sera alors encore en âge de disputer une Coupe du monde. Complétée, voire déjà remplacée, par des joueurs qui auront remporté la Coupe du monde U-20 en 2025. Le talent ne manque donc pas.

Le Maroc a prouvé pour la deuxième fois qu’il pouvait tenir la route sur la plus grande scène. Et, intuition comme impression : il y en aura encore plus à l’avenir.

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