Quand on évoque Kevin Keegan, on pense automatiquement à « Mighty Mouse ». Mais comment cet Anglais a-t-il donc obtenu ce surnom qui a marqué son style ?
Trois décennies et demie – 36 ans, pour être précis. Jeune rédacteur, il a enquêté sur le scandale de la Bundesliga de 1971 et, grâce à sa persévérance et à sa ténacité presque proverbiales, il est rapidement devenu l’un des journalistes les mieux informés d’Allemagne sur cette affaire.
Son lieu de travail devint de plus en plus souvent le siège de la DFB, situé dans la rue Otto-Fleck-Schneise à Francfort, puis, plus tard, les différentes salles d’audience. Le « vrai » football constituait alors un agréable changement, mais les heures supplémentaires rendues nécessaires par le scandale n’empêchèrent pas le jeune rédacteur de suivre le FC Bayern au début des années 1970.
L’un de ces matchs a conduit l’actuel champion record à se rendre au FC Liverpool en 1971. En Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe, c’était les huitièmes de finale et, pour le Bayern, une revanche. La saison précédente, lors de la Coupe des foires (précurseur de la Coupe de l’UEFA et de l’actuelle Ligue Europa), l’équipe avait essuyé une défaite 0-3 à Anfield Road.
Un petit attaquant agile
Un petit attaquant agile que les supporters surnommaient « Mighty Mouse ». Wiskow a rédigé l’article et a choisi comme titre : « Tout le monde a peur de Mighty Mouse. »
C’est ce qu’a lu, lors de la préparation de la retransmission en direct, le journaliste de l’ARD Eberhard Stanjek, qui a appelé Keegan ainsi à plusieurs reprises au cours de son reportage – rendant ainsi ce surnom célèbre et acceptable en Allemagne. Six ans avant même son transfert au Hambourg SV, toute l’Allemagne connaissait désormais Kevin Keegan sous le nom de « Mighty Mouse ».
Pourtant, Keegan ne s’était pas vraiment illustré lors des deux matchs contre le Bayern : le match aller s’était soldé par un 0-0, tandis que les Munichois s’étaient imposés 3-1 lors du match retour. Et Heinz Wiskow s’extasiait devant un jeune blond de 19 ans seulement, qu’il qualifiait de « joueur hors pair du Bayern », sans aucun doute un jeune joueur promis à un brillant avenir. Son nom : Uli Hoeneß.

