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Agostini critique les transferts en MotoGP : « Le marché des pilotes s’ouvre bien trop tôt »

Giacomo Agostini critique deux évolutions majeures du MotoGP moderne et réclame davantage de patience dans les transferts ainsi qu’un regain d’influence pour les pilotes
Pour Giacomo Agostini, une chose est sûre : le MotoGP moderne s’est trop éloigné, dans certains domaines, de ce qui faisait autrefois l’essence même de la course. Le quintuple champion du monde voit d’un œil critique deux évolutions en particulier : le marché des pilotes qui s’ouvre de plus en plus tôt et l’influence sans cesse croissante de la technologie. Dans un entretien avec Moto.it, l’Italien explique ouvertement pourquoi il estime que des changements s’imposent sur ces deux sujets. Agostini se montre particulièrement clair sur la question des transferts. Il estime problématique que l’on spécule et négocie déjà dès le début de la saison sur les changements d’équipe pour l’année suivante. « Aujourd’hui, nous allons trop vite dans tout », déclare l’Italien. Dès le début de la saison, on sait souvent qu’un pilote courra pour une toute autre équipe l’année suivante. Cela entraîne inévitablement une perte, tant pour le pilote que pour l’équipe. En effet, si un pilote prévoit déjà un changement, cela peut peser sur les relations au sein de l’équipe. Parallèlement, l’équipe se demande aussi jusqu’à quel point elle doit encore s’investir auprès d’un pilote qui partira de toute façon bientôt.

La proposition d’Agostini est donc claire : « Il serait judicieux d’attendre au moins jusqu’au milieu de la saison. » Ce n’est qu’alors que les négociations devraient commencer officiellement. Selon lui, il y a actuellement trop de rumeurs. On spécule beaucoup, notamment sur d’éventuels transferts concernant des pilotes comme Francesco Bagnaia, alors que les équipes sont souvent déjà bien en place. Pour Agostini, il s’agit souvent de « tante chiacchiere » : beaucoup de discussions qui, au final, n’ont que peu de substance. Agostini se montre encore plus radical lorsqu’il aborde l’évolution technique des motos. Pour lui, la catégorie reine moderne a désormais atteint un niveau où la technologie a parfois trop d’influence sur les courses. « Aujourd’hui, il y a trop de technologie », dit-il. Son souhait : que le pilote soit à nouveau davantage au centre de l’attention. Autrefois, le talent du pilote jouait un rôle encore plus important. Agostini cite comme exemple des systèmes tels que le Ride-Height-Device, qui permettent d’abaisser les motos ou de modifier automatiquement les réglages d’une simple pression sur un bouton. « Aujourd’hui, on appuie sur un bouton et tout s’abaisse », explique-t-il. Autrefois, beaucoup de choses relevaient simplement du feeling du pilote.

Le champion record porte également un regard critique sur l’aérodynamique. Les ailerons désormais très répandus sur les motos de MotoGP ne correspondent pas, selon lui, au caractère d’une moto. « Les ailerons, c’est pour les avions, pas pour les motos », déclare Agostini. Dans ce contexte, l’Italien juge positivement les changements de règlement prévus pour 2027. Le MotoGP devrait alors, entre autres, passer à des moteurs de 850 cm³ et restreindre davantage les possibilités aérodynamiques et techniques. Ce qui importe le moins, c’est de savoir si les motos ont une cylindrée de 850 ou 1 000 cm³. « Pour le public, cela ne change rien », dit-il. Après tout, les fans ne regardent pas la cylindrée. Ce qui importe davantage, c’est l’effet sur la course. Une puissance réduite pourrait contribuer à réduire les problèmes liés aux pneus, aux freins et à la maniabilité. Aujourd’hui, de nombreux pilotes doivent surveiller de près l’état de leurs pneus pendant la course et ne peuvent pas repousser leurs limites en permanence. C’est exactement ce qu’Agostini souhaite revoir : « Nous voulons voir le pilote qui donne tout ce qu’il a. » Pour lui, le sport automobile vit du fait que les pilotes accomplissent des exploits que peu de gens maîtrisent, et non de la quantité de technologie qui fonctionne en arrière-plan.

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